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 Marchander avec les vents du Désert

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Koume & Kotake
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MessageSujet: Marchander avec les vents du Désert   Ven 24 Nov - 21:04


Elle courait à grand-peine entre les dunes, les erg et les canyons. Parfois, elle parvenait à les surmonter, d'autre fois elle les contournait. Jonglant d'un sillon aride à un autre, elle finit par s'éloigner de l'immense vipère broussailleuse qui serpentait sur des lieux et des coudées. Doucement, à force d'efforts, de patience elle progressait, jusqu'à voir se distinguer un mont esseulé, au loin. Dressé comme un bec, il tranchait sèchement avec le reste du paysage. Basané et vieilli, il était parfois secoué de légers frissons. Sans attendre ni répit, elle entama l'ascension. Glissant sur les arrêtes comme le Khamsin sur le sable du désert, elle avalait le sol sous elle plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait auparavant. 

Dans le silence assourdissant qui régnait, la goutte explosa au sol comme un violent dard de glace. Les lourdes vapeurs qui entouraient la sorcière enfumaient la salle exiguë avant de se répandre partout dans le Temple, irriguant un Colosse dont elle était devenue le cœur. Sans un bruit, Kotake inspira longuement. Derrière ses yeux clos elle contemplait l'obscurité aveuglante, la lumière sombre. De ses lèvres pincées fuyait un brouillard blanchâtre, tirant sur le translucide. Autour d'elle, quatre bougies de cire et de suif mêlaient leur fumées noirs et nauséabondes à celles des bâtons d'encens dispersés à chaque coin de la pièce. Le peu de lumière qu'elles projetaient éclairaient son cafetan brodé d'une lueur orange et moribonde. Ses serres griffues se refermèrent sur ses genoux pointus et fatigués. Assise en tailleur, elle laissait la drogue infuser, gagner ses poumons, épouser sa langue, caresser ses entrailles. Patiemment elle laissait l'occulte, son savoir, sa connaissance, s'insinuer et l'absorber. Elle aimait se plonger dans ces transes, communier et se perdre dans les rêves, le marasme où les souvenirs d'une époque révolue. Un temps où les dieux foulaient du pied la terre. 

Rares étaient les moments où la plus vieille Mère de l'Ignominie pouvait pleinement se noyer ainsi, particulièrement depuis les débuts du conflits que son fils avait initié. Sa sœur, elle, privilégiait à la méditation d'autres formes de dépassement de soi. Toutes deux vénéraient la Déesse du Désert et s'accordaient sur la nature même du Néant. Mais voilà bien longtemps que Koume ne partageait plus son recueillement. En vérité, dans ces situations Kotake préférait garder sa jumelle aussi loin d'elle que possible. Dans l'attente, les deux sibylles n'avaient jamais su s'entendre. S'arrachant un instant à son immobilisme, Kotake se saisit du petit ouvrage de bois et le déposa au centre du tapis de prière qu'elle avait disposé devant la stèle. Séparant le haut de la sphère d'un geste du poignet, elle déplaça ensuite un bol d'argile rempli d'une cendre encore tiède, le posant sur sa gauche. Puis, elle ramena le couvercle de la sphère sur droite, s'en servant comme d'une écuelle, avant de la remplir d'un fond d'eau claire. Partout autour d'elle l'encens brûlait, dégageant un parfum qui l'embaumait comme les dépouilles des Sept héroïnes. Laissant ses mains retomber entre ses jambes elle reprit sa prière silencieuse tandis que rougeoyaient les braises.

Hors du temps, elle regardait passer les heures, absente, laissant à sa sœur le soin de s'occuper de leur hôte. La jeune femme ne savait pas à qui elle avait oser s'opposer. Derrière les suaires de chair qui voilaient son regard, elle apercevait la silhouette de Nikra alors qu'il bataillait contre la tempête de sable qui se déchaînait aux portes de leur demeure. Meē'Ab n'avait rien de naturel. Les Mères l'avaient convoqué en attendant la venue de l'homme à qui leur fils avait ouvert les portes de leurs steppes stériles et hostiles. Quand bien même le Patriarche s'était prononcé en sa faveur, elles se refusaient toutes deux à l'accueillir sans le tester. Aucun des sorciers qui avait rejoint les rangs du Roi n'avait su se montrer digne de leur intérêt ou pire, de leur confiance. Plus que jamais, elles observaient les faits et gestes de la dernière des sorcières du Clan, convaincues de sa mutinerie. Cet Hylien ne recevrait pas un autre traitement.

L'ombre dévora bien vite le faible éclat des chandelles, soufflant les flammes qui dansaient sensuellement autour des tiges de suif et de cire. « Elle est au courant ? » S'enquit Kotake, sans un geste, tournant le dos à Koume. « Je l'ai prévenu, oui. » Déclara sa sœur, lévitant doucement derrière sa jumelle. Au bout de ses ongles brillait une petite flammèche qu'elle s'amusait à faire passer d'un doigt à l'autre. Le silence qui fit office de réponse était lourd de sens quant à l'estime qu'elles portaient toutes deux à la créature. « Et notre invitée ? » Demanda Kotake, posant son regard sur la stèle antique qui lui faisait face. « C'est une forte tête. Mais nous finirons par la briser. » Glissa l'armide, dans un souffle brûlant. « Cela ne fait aucun doute », renchérit la pythie de givre. D'un geste du poignet, elle commanda aux lumières, éteignant chacune des torches, tuant chacun des brasiers. Seules persistaient les quelques meurtrières, filtrant l'aura de l'astre du jour. « Il arrive », grinça Koume, la voix étouffée par le vacarme que faisaient les lourdes portes du Colosse. « Je le sais. » Dans les yeux de l'aînée des Koutakes brillait un enfer polaire, malsain et livide.

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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Sam 25 Nov - 0:55

Quelques jours passérent, s'engrainant tel les grains du désert dans le sablier. Le sorcier Hylien avait pût s'offrir une chambre, jouant de rubis et d'un peu d'abus du peu de pouvoir offert par le sombre lion. Sa peau avait prît bien des couleur depuis son arrivé, le soleil perdit de son intensité sur lui mais il n'en restait pas moins méfiant. Alors qu'il ce penchait à la fenêtre, bras croisé sur le rebords de l'ouverture, l'Hylien avait revétu un pantalon brun ample, une ceinture de tissu ainsi qu'une chemise fait de lin des plus simple, le tout sans manche, dévoilant ces bras peu musclé et désormais légérement brûnit. Il avait abandonné sa tenue noir à capuche, il ne voulait pas finir rôti sous l'ardent soleil du désert.

Ce n'est qu'à l'aube du deusiéme jours qu'il reçu un message des plus étrange, un rendez-vous tenant plus d'un ordre que d'une simple demande. Le papier en lui même était une mystére, lorsque le sorcier l'eût reçu, l'aspect du message était semblable à du gel, un cristal semblant si froids que les yeux du mage pourraient en geler, rien qu'en y déposant son regards. La surprise fût encore plus forte lorsque celui-ci, munit de gant pour éviter de possible engelure, saisit le message. à sa surprise, le matériau ne dégagait aucune fraîcheur, mais une chaleur semblable aux flammes des torches, plus surprenant encore, l'écriture était de petites flamméches, dansants sur la surface cristalline de la lettre. Une fois cette étrange lecture terminée, celle-ci prit alors feu, au moment même où le convié posa ces yeux sur la signature.Les flammes d'une couleur bleutée, détruisirent le parchemins, ne laissant qu'une neige qui disparut, s'évaporant aussi rapidement qu'elle ne fondit.

Il n'avait pas rêvé en lisant la lettre, les deux soeurs, mère de son maître, l'avait convoqué pour juger sa valeur, et voir si il est digne. L'Hylien comprit en un instant les intérêt et les enjeux d'un tel acte.

Le message était arrivé en matiné, lorsque le soleil n'était pas encore à son zénith. Mais la lettre elle, exigeait la présence du sorcier à leur temple avat même que celui-ci ne décline. Peu de temps étaient offert et Aslaak comprit alors le but des deux soeurs. Un test commençant avec la ponctualiée, un trait que le sorcier n'avait jamais vraiment appliqué. Mais il s'agissait des deux mères crochues ! Un pouvoir immense les animaient, et si il y avaient bien un endroit pour commencer sa grande quête, c'est au près d'elles.

Il n'attendit pas une seconde de plus, sortant de sa chambre avec hâte, emportant avec lui quelque rubis, il alla alors chercher eau et nourriture, mais plus important que tout, un guide qui connaissait la route à suivre. La solution fût apporté par un Lezalfos, qui accepta contre quelques rubis, rubis qui n'étaient qu'un maigre sacrifice pour le sorcier en herbe. Il profita également de prendre plusieur ingrédient de base qu'il emporta dans une sacoche, des bougies, silex et amadou, de l'eau, de l'alcool, différentes herbes médicals et du sel. Il avait de quoi incanter et ritualiser, même si les deux soeurs n'avaient exigés aucun ingrédients, il ce devait d'être prévoyant, il l'avait toujours été et ce n'est pas maintenant qu'il arrêterait.

C'est alors que commença le voyage dans le désert. Aslaak c'était recouvert la tête d'un tissus blanc à trait brun, cachant ces cheveux ansi que son menton jusqu'à son nez, il ne voulait pas attraper un coup de soleil durant un test, et le soleil était un maître impitoyable avec les fous qui oseraient le défier. le Lezalfos quant à lui n'était pas bavards et cela convenait parfaitement au mage, préférant le calme pour ce ressourcer, il avait bût et manger, il pouvait et allait tenir, il devait tenir et montrer ce dont il était capable. Dans sa main reposait une petite dague, rien de bien impressionnant, une simple lame de fer enchassée dans un pommeau de bois, mais cela était nécessaire si le sang, celui d'un potentiel adversaire ou le sien, devait être versé. Il regardait la lumiére que projettait la lame, renvoyant un pâle rayon de soleil qui tremblait sur le visage encagoulé de l'homme.

Le désert avait été muet jusque là, un silence de tombe, ne laissant entendre que le bruit des pieds qui s'enfonçaient dans le sable chaud. Mais ce silence fût de courte durée, comme si le désert désirait ardemment ce faire entendre, le vent ce leva, plus loins, derriére les dunes, un bruit ce faisait de plus en plus assourdissant lors que la distance ce faisaient plus courte. Le Lezalfos arrêta la marche, decrétant ne pas vouloir aller plus loin et assurant que le temple était derriére la dune. Qu'il mente ou non, Aslaak savait comment revenir sur ces pas, du moins, c'est ce qu'il pensait, l'Hylien n'a jamais été dans le désert auparavant, il ne savait à quel point celui-ci peut être changeant.

Alors qu'il dépassa le Lezalfos, montant la dune un pas aprés l'autre, il fût enfin témoins du spectacle qui ce déroulait devant lui. Une tempête de sable aussi violente qu'opaque, englobait une zone quasi-parfaitement délimitée. La seconde épreuve avait commencé.

Doucement et avec prudence, l'homme descendit la dune, s'approchant de la tempête avec un mélange de contemplation, de méfiance et d'un certain respect. Si il avait eut un doute jadis, celui-ci c'est envolé aussi rapidement qu'un grains de sable dans la tornade qui lui faisait face. Voyant ces vêtements claqué sur sa peau, sa mains gauche empéchant sa cagoule ce de s'envoler, il comprit alors que la tempête ne sera pas aisé, mais avant toute chose, la prudence s'imposait. Il mit alors genoux à terre, saisissant une pierre cachée dans le sable, un petit caillou pas plus grands que sa mains. Alors qu'il regardait la pierre, son regards ce perdit dans la tempête, une sensation étrange, comme celle d'être observer commençait à le hanter, était-ce les soeurs ? Son nouveau seigneur ? Un inconnu ? Peu importait. On le mettait au défi et cela lui plaisait, les défis sont des occasions de s'améliorer. C'est dans  un sourire dissimulé par son châle qu'aslaak lança négligament la pierre dans la tempête. En voyant la pierre ce poser mollement dans le sable, il comprit que le vent, n'était que le vent.

Ces yeux ce perdirent dans le sable tournoyant, comme cherchant les failles dans le sortilége. Hélas pour lui, celui-ci était d'un niveau bien trop supérieur pour lui. Il utilisa sa main gauche pour soutenir son bras droit qui venait saisir son menton, offrant une posture de reflexion, comme cherchant à comprendre avant d'épuiser son énergie dans un sort peut être inutile. La réponse ce dessinna au bout de quelques secondes. Ce sort est bien trop élevé pour lui, il ne pouvait le défaire ainsi, ni même l'altérer. Il devait le franchir et ce, physiquement.

C'est alors que la folie lui murmura à l'esprit. Il tendit alors la main tout en s'approchant de la tornade. Qui ne risque rien, n'a rien. C'est en voyant sa main pénétrer le rideau de sable tourbillonant sans ce faire déchiqueter qu'il comprit. Il s'engouffra alors à travers la tempête, retenant son châle et sa besace, son corps presque à l'horizontale dans la tornade était violente et sa main dressée en avant, cherchant, tâtant la sortie. Plus il avançait, moins la destination ce faisait évidente. Il semblait qu'il aurait déjà du traverser la tempête, mais celle-ci redoublait d'ardeur, semblant refuser le calme au sorcier. Sa main qui était tendu, finit par ce rabattre vers lui, ces yeux à peine ouvert regardaient en face de lui, à gauche puis à droite dans une lenteur infinie, il sentait le sable l'encrasser, ce loger là où il ne devait pas, s'engouffrant dans ces yeux et sa bouche. Finalement, il tomba à genoux, le physique était sa faiblesse, mais son esprit lui, était sa force.

Alors que la tempête brutalisait le sorcier, celui-ci décida alors de s'asseoir, son dos ce pliant en avant, croisant ces jambes et plaquant sa sacoche entre ces cuisses, protégeant celle-ci du sable par le biais de son propre corps. il ferma les yeux et ouvra alors son esprit, il devait s'en sortir et ne plus agir à tâton. Il ce concentra, oubliant peu à peu le rugissement du vent dans ces oreilles, ne s'entant plus que les griffures sur ces bras nues et brunit.

Et c'est ainsi qu'il la sentit.

Cette sensation d'observation, cette sensation que l'on vous regarde, il en sentit l'origine, la direction. Il saisit alors sa sacoche et, sans même réouvrir les yeux, pivotant légérement sur la gauche, manquant de trébucher en affrontant à nouveau le vent, il commença alors à marcher, avec encore plus de volonté qu'auparavant. Finalement, il sentit alors l'arrêt soudain du vent au niveau de sa mains à nouveau tendue, comme traversant un rideau. Trébuchant car offrant plus de force qu'il ne fallait, il finissa  alors sa marche sur le ventre. Celui-ci au contact des chaudes dalles de grés du temple. Il roula alors sur le dos, contemplant la tempête, un sourire satisfait et dissimulé ce dessinna peu à peu sur son visage, riant légérement de cette victoire. Il ce redressa, puis ce releva totalement, tournant le dos à la tempête.

L'un aprés l'autres, ces pas le menérent alors dans le temple, si obscure et mystérieux. L'excitation le prenait mais il devait garder la tête froide, ceci n'était que le début de son test. Il ne doit pas échouer.
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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Lun 27 Nov - 16:50




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Koume & Kotake
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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Ven 19 Jan - 20:08

Froncés de dépit, ses sourcils broussailleux se rejoignaient presque. Ils jetaient sur son visage un air austère, dur et froid si tant est que le regard d’une gerudo puisse être si différent de l’image du désert. Dans son dos, sa sœur jouait distraitement avec la gemme qui ornait usuellement son front, visiblement déçue elle aussi. L'Etranger venait de passer les lourdes portes de pierre et le silence demeurait maître des lieux, au moins en apparence. En vérité, il était troublé par les cris inaudibles des pauvres âmes que les Mères conservaient enfermées au plus profond des entrailles du Colosse. Kotake, toujours à genoux sur les tapis de méditation, leva le poignet gauche, imposant à l'unique battant de retomber sourdement derrière leur hôte. Les lieux ainsi scellés, elle dans sa paume les cendres chaudes de l'encens qu'elle avait fait brûler. Portant sa main jusqu'à ses lèvres, la vieille édentée souffla sur les braises. « E'sem », murmura-t-elle les yeux rivés sur ses doigts vieillis. Avant que l'épais brouillard qui enfumait la pièce ne se dissipe, elle renifla bruyamment, pour en capturer une dernière fois le parfum. Enivrée par les psychotropes, elle secoua la tête de gauche à droite, le visage tiré par les rides ainsi que par un demi-sourire malsain. « Il n'a toujours rien fait ? » S'enquit-elle, déjà persuadée de connaître la réponse. « Non. Bien sûr que non. » Sans surprise, Koume constatait l'immobilisme de l'étrangeté que leur fils s'obstinait à compter parmi les siens. Ses griffes glissées entre les entrelacs de bois contre lesquels elle s'adossait, elle observait la Grand-Salle, une centaine de pieds plus bas. « Qu'espérais-tu de lui, de toute façon ? » La question était rhétorique et n'appelait pas à une réponse. L'une comme l'autre savaient ce qu'il y avait à attendre de la chose. « Il ne fera rien. » Kotake se releva, profondément agacée. Époussetant brièvement sa robe brunie, elle vint se placer aux côtés de sa cadette. « Nous l'y forcerons, Kotake. » Plus bas, le smog commençait à se former, ainsi que le lui avait ordonné la sorcière. Bientôt, l'Ombre elle même peinerait à distinguer ses propres poings. « Evidemment, Koume. »

L'embrun ne tarda pas à envelopper l'ensemble de la salle. Surnaturel par essence, il n'avait rien de comparable aux brouillards qui pesaient parfois sur les landes. La fumée que les sœurs Koutake avaient conjuré était chargée d"un fumet morbide qui troublait les sens et imprimaient des scénarii faussé dans l'esprit de ses victimes. Et puisque le Reflet se décidait à jouer à cache-cache, elles entendaient bien l'obliger à se montrer. En vérité, Aslaak n'était pas le seul à devoir craindre l'issue de cette rencontre. « Il fait un peu froid, je trouve... » Commença Koume, avant de taper deux fois dans ses mains. Quelques uns des brasiers  que Kotake avait éteint reprirent leur crépitement traditionnel. Ils dégageaient une forte odeur de chair brûlée, sans pour autant éclairer vraiment la pièce : la vapeur sombre en étranglait toute la lumière. « Voilà qui est bien mieux ! Hinhin. ~ » S'amusa la sibylle, dont le sourire déchirait le bec et laissait voir des crocs épars, jaunis et mesquins. « Ne fais pas tout le travail pour lui, Koume. » Le regard de l'aînée se posa sur la sorcière, toujours aussi austère. Tout mépris qu'elles éprouvaient toutes les deux pour le Mirage, il ne s'agissait pas de le mutiler et d'offrir une victoire facile à l'Hylien. Elles espéraient qu'il parvienne à triompher, mais ne souhaitaient pas pour autant prendre son parti. « Sois rassurée, ma sœur. Sous peu, nos invités vivront l'enfer. Mais ils vivront. » Kotake hocha la tête, gardant le silence pour l'instant. Il le fallait, effectivement, mais elle n'avait aucune certitude. Nombre de leurs anciens élèves avait succombé pendant l'apprentissage.

Les serres de la pythie glissèrent un peu plus entre les orifices de la cage de bois qu'elles occupaient. Son œil, fatigué mais alerte, détaillait l'initié d'un regard inquisiteur. Maigre, presque frêle, il avait opté pour une tenue bien étrange pour traverser le Désert. Ses bras nus trahissait sa consistance, sa faiblesse. De là où elle était, et malgré sa sorcellerie, la Koutake ne distinguait aucune arme la ceinture de l'apprenti. Son apparente arrogance lui tira un bref sourire. C'était un défaut qu'elle pouvait tolérer, dans certaines circonstances. S'il était suffisamment confiant dans ses sortilèges pour ne pas s’embarrasser d'une arme, où même d'un tissu plus rigide qu'un pantalon et une chemise de toile, peut-être n'allaient-elles pas perdre leur temps. Peut-être serait-il différent des autres, après tout. S'il n'avait pas l'ambition des idiots et l'infidélité des traîtres peut-être considéreraient-elles de le former. De faire de l'argile un roc, du roc un Golem. Du moins, s'il survivait à ce qui s'annonçait. « Ils sont prêts, Koume. » Lâcha-t-elle, aussi sèche que froide. Une lueur de givre brillait au fond de ses yeux. « J'en doute, Kotake. Mais soit. Tant pis pour eux. » Jetant deux voiles de chair sur ses iris, Koume hissa son rostre jusqu'à la voûte qui les surplombait. Elle huma l'air longuement avant de renifler un coup. « Sh'a-un Qtuul », souffla-t-elle sans bruit.

***

De ses lèvres arides et striées s'échappa un râle strident. La douleur qui la consumait perçait sa poitrine avec la force d'un pieu, déchirait ses poumons comme les récifs éventrent les vaisseaux. Sous le poids du bélier qui lui piétinait les tripes, elle jeta ses mains contre les dalles. Ses ongles morts raclèrent la roche, une fois de plus. Les sillons courraient en nombre sur les parois de sa geôle. Sur les murs de son tombeau. Elle tira, tant bien que mal, sur les chaînes qui lui sciaient les poignets et les carcans qui lui lacéraient les jambes. Sous le fer forgé, son corps se fendait par endroit. Sa main gauche était presque séparée du reste de son bras et son os malmené avait creusé sa chair jusqu'à la vriller. « Eeerrr... — Shhreeerrr... » siffla-t-elle avec difficulté, s'arrachant un peu plus le bras contre ses chaines. Ses lamentations résonnaient et rebondissaient contre les façades de sa prison depuis ce qui lui semblait être une éternité, perforant toujours un peu plus ses tympans. La pauvre femme se jeta au sol à nouveau, roulant dans la poussière, la gerbe et le sang séché.

Même avec le thorax enfoncé, elle parvint à grogner, dévorée par la faim. Elle était affamée, comme jamais auparavant. La famine la rongeait seulement, au début, puis elle était devenue plus violente. Elle était ce million de scarabées qui becquetaient ses intestins, avalaient son être. Elle était les centaines de milliers de larves qui pullulaient sur les cadavres des Reines dans les sarcophages où sur ceux des sœurs dans les koubba. « Sh'a... — Sh'a-un Qtuul... » gronda-t-elle difficilement, d'une voix rendue rauque et sourde. Dans un grincement aigre, la porte de bois cloutée et sculptée s'ouvrit devant ses yeux vide. « EERRRR... ! — Eeeerrrrrrr .. ! » gronda-t-elle, s'arrachant à son bagne, à quatre pattes, les fers encore aux poings. Derrière elle, les chaînes rappaient contre le sol, cliquetant avec une intensité renouvelée, comme l'organe principal d'un chœur macabre. Leur chant retentirent un temps dans les couloirs, sous le Colosse, alors qu'elle avançait doucement vers la Grand-Salle. Elle passa devant d'autres cellules, vides pour la plupart, parfois occupée par d'anciennes amies des Mères. Finalement, alors que rougeoyaient doucement les braseros, ses doigts livides et sales s'enroulèrent autour des barreaux d'acier qui lui bloquaient le chemin. Ses ongles griffaient la structure comme les griffes d'un animal.




Lentement mais sûrement la herse se leva, dévoilant un nouveau monde à ses pupilles vides. « Eeerrr... — EEEERRRRRR ... ! » Hurla-t-elle, en se glissant sous les piques de fer, sans attendre que la voie ne soit libérée. La gemme qui ornait sa couronne religieuse attrapa brièvement le faible éclat d'un des flambeaux, révélant un peu plus de son apparence. La jeune femme, morte depuis des jours à l'évidence, devait avoir entre quinze et seize ans. Ses cheveux bruns avaient été bouclés et brillaient encore de quelques reflets roux. De petite corpulence, elle était courbée sur elle même. A la main droite, il lui manquait quatre doigts, qu'elle avait dévoré. Sur sa poitrine menue et enfoncée reposait le collier traditionnel de la Prêtresse de Din tandis que ses épaules étaient couvertes d'un châle rouge. Pour le reste, et à l'exception de ses fers, elle était nue.

L'enfant leva la tête vers le sorcier qui se tenait à une vingtaine de coudées d'elle. Elle grogna, non sans ramener ses ongles sur son torse, se lacérant un peu plus encore. Sa voix enrouée et le chant de ses lourds chapelets de métal troublèrent le silence des lieux. Avec une vigueur inattendue, la créature s'élança, se jetant droit sur l'impertinent qui avait eu le courage – ou l'absence d'esprit ? – de pénétrer son sanctuaire. La faim la rongerait toujours après l'avoir tué et traîné jusqu'à sa cage, sans doute. Mais elle n'en savait rien. D'un bond, elle se hissa jusqu'au brasero le plus proche, sur la gauche de l'imprudent. « Ta... — Ta'ekül.. » Siffla-t-elle d'une voix âpre, aigre et sinistre. Son regard disait la mort.

... Alea Jacta Est ...

Un unique dé est jeté pour déterminer la résultante de l'action de la Ghoule envoyée par Koume & Kotake. Il s'agit d'un D3 (Dé à trois faces) dont les résultats ne sont pas contestables.

D3 :

Si le résultat est 1 :
La Ghoule, installée sur le brasero, bondit en direction d'Aslaak. Se faisant, elle rompt l'équilibre précaire du brasero qui s'effondre avec fracas sur les dalles de la Grand-Salle. Le feu ensorcelé de Koume se répand, comme doué de sa propre conscience et enferme Aslaak dans un cercle parfait. Aslaak est brûlé sur tout l'avant-bras et doit trouver un moyen de sortir du piège. Néanmoins, tant qu'il demeure dans le cercle de feu, il est protégé de la Ghoule, qui ne peut pas le rejoindre.

Si le résultat est 2 :
La Ghoule, installée sur le brasero, bondit en direction d'Aslaak. Se faisant, elle rompt l'équilibre précaire du brasero qui s'effondre avec fracas sur les dalles de la Grand-Salle. Le feu ensorcelé de Koume se répand, comme doué de sa propre conscience et enferme Dark Link dans un cercle parfait. L'ombre, en plus d'être brûlée à la jambe est obligée de se révéler à tous et ne peut pas sortir sans l'aide d'Aslaak. Elle demeure en sécurité tant qu'elle ne cherche pas à traverser le cercle de flammes, dans la mesure ou la Ghoule ne peut pas l'y rejoindre. A l'aide de sa magie, Aslaak peut tenter un assaut sur Dark Link, ou lui venir en aide.

Si le résultat est 3 :
La Ghoule, installée sur le brasero, bondit en direction d'Aslaak. Se faisant, elle rompt l'équilibre précaire du brasero qui s'effondre avec fracas sur les dalles de la Grand-Salle. Le feu ensorcelé de Koume se répand, comme doué de sa propre conscience et enferme l'ensemble des combattants dans un cercle parfait, qui recouvre la moitié de la salle environ. Aslaak est brûlé sur tout l'avant-bras tandis que Dark Link, en plus d'être brûlée à la jambe, est obligé de se révéler à tous. Tout comme la Ghoule, qui n'essuie aucun dégât, il est incapable de quitter le cercle de feu sans que celui-ci ne soit rompue par Aslaak, aidé de sa magie. Tous deux sont à la merci de la Ghoule.

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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Ven 19 Jan - 20:08

Le membre 'Koume & Kotake' a effectué l'action suivante : Puissent les Déesses guider votre destin...


'Dé à 3 faces' :

Résultat :

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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Lun 5 Fév - 0:00

Les pas résonnèrent à travers l’obscurité du temple, mer de ténèbres avec pour seul phare, des lumières au fonds de ce tunnel noir. Profitant de cette marche pour retirer du sable bien trop curieux qui semblaient jouer à cache-cache dans les recoins de ces vêtements. Ces pensées ne cessèrent de tourner au creux même de son esprit, vent d’espoir mêlé à la perplexité. Ce n’est qu’en s’approchant de cette salle qu’Aslaak comprit très vite que cet étrange test n’était pas terminé … Loin de là. Il fît quelque pas pour s’avancer en son sein avant qu’une voix ne s’élève sur sa droite.

« - C’est donc toi. Je n’aimerais pas être à ta place… Être mis à l’essai par les Mères ne m’a jamais semblé être bon signe. »

Un être drapé d’une cape dont les yeux rouge foudroyait l’hylien hérétique de part en part. Cette sensation d’être analyser telle une cible était des plus déconcertant pour l’érudit. Il parlait avec douceur et froideur en même temps. Le sorcier comprit qu’il était sa deuxième épreuve, loin de ce douter ce qui allait ce passer par la suite.

« - As-tu peur du noir ? Demanda l’être au reflet de lune, la question était évidente, Aslaak n’avait pas réellement peur du noir, mais plutôt de ce qui s’y cachait.

« Je me demande si tu parviendrais à me trouver. » Répliqua la créature. Quelle étrange question que voila ? Était-ce la suite du test ? Si cela était vrai, il s’agissait d’une épreuve des plus décevante, une simple partie de cache-cache ne le tentait pas plus que cela. Il laissa s’écouler quelque secondes, avant de répliquer à la créature.

-Je ne suis point là pour jouer à des jeux d’enfants … Que tu sois épreuve ou non, je n’aurais que faire de te trouver …

Mettant un plan en place au fonds de son esprit, Aslaak commençait à chercher un moyen de sortir de cette pièce, avant que l’entité obscure ne risque de s’en prendre à lui. Il n’avait rien contre les jeux, mais il préférait que ce soit lui qui impose les règles.

C’est alors qu’il entendit le bruit … Des sifflements, des raclements venant d’outre-tombe, une créatures jadis humains mais aujourd’hui damné … Créature naquis d’une expérience raté, emplit de faim et de haine. Lorsque la créature sauta sur le brasero, Aslaak ne pût que ce souvenir des comtes qu’il lisait, et surtout de ces bestiaires qu’il appréciait lire et connaître par coeur. Il souffla alors, effectuant un pas en arrière dans la même mesure.


- « Chroniques des Non-vivants » … Page 22 à 25 … Une … Une goule ?

La mémoire avait frappé l’érudit, comme les muses frappent l’artiste. Il effectua alors un nouveau pas en arrière, son esprit continuant de revoir les pages qu’il avait jadis dévoré. Il ce damna de ne pas avoir amener livre de connaissance en ces lieux. La créature ne lui laissa pas le temps, bondissant sur lui avec une rapidité qu’il n’avait pas prévu. Frêle, l’hylien ce fît renverser avec aisance par la créature, mais n’en resta tout fois pas dans ces griffes. Sa tête heurta violemment le sol alors que la goule ce retrouva derrière lui. Ce n’est qu’a ce moment qu’il vit avec horreur les flammes ce mouvoir sur le sol, comme mue par une volonté propre, glissant tel un serpent dans une direction qu’il aurait crû la sienne, avant qu’il ne voie l’entité des ténèbres soudainement apparaître dans un coin de la pièce, ce faisant encercler par des flammes qui n’hésitèrent pas à lécher copieusement la jambe de l’être sombre.Le sorcier ne sût si la créature hurla de douleur ou non, les seuls sons qu’il percevait était le tambourinement du sang dans ces oreilles, et ces yeux ne pouvait ce défaire de cette créature donc la chair ne semblait plus que vêtement sur elle.

C’est alors que tout ce figea, l’adrénaline prit alors le dessus sur Aslaak et son esprit devint alors clair, les tambourinement ce firent plus petits … Toujours plus petits. Ces yeux reprirent un semblant de calme, l’érudit retrouvait son arme la plus aiguisée : Son esprit calculateur.

La goule ne s’approchait pas des flammes, évidemment … Cela veut dire que l’être d’ombres était protéger et qu’il ne restait plus qu’une cible : Lui même. Une perspective peu appréciable en ce qui le concernait. Alors qu’il contemplait les flammes, il pût alors les voir, ces étranges symboles que seul lui pouvait voir, des signes, des incantations qu’il pût comprendre. C’était bien trop rapide pour que cela soit de son fait, ces symboles avaient été disposé ici même en son intention ? Il reconnut alors ces effets : la dissipation des flammes.

De nombreux plans ce mirent en places dans la tête d’Aslaak, des projets que seul lui comprenait et pouvait mettre en application. C’est alors qu’il eut un sourire, un sourire des plus malsain, comprenant que le temps était joué, il n’attendit pas l’ombre d’une seconde.

Il avait besoin d’une diversion, la goule le rattraperait et le tuerais en un claquement de doigts. Mais il avait de la chance, une diversion lui avait été offerte … Il dressa alors ces bras en direction du « Reflet » et dans un souffle accompagné d’un mouvement horizontale du bras, il dissipa alors les flammes qui entourait l’être de ténèbre, une action qui l’épuisa rapidement, la magie n’étant pas offerte. Ainsi, il offrait un nouvel adversaire à la goule, un adversaire semblant plus dangereux que sa propre personne, mais il devait passer alors au deuxième acte et ce, sans perdre la moindre seconde !

Il fît alors volte-face à la goule, geste complètement suicidaire car la créature semblait d’une remarquable vitesse, mais il ce devait d’essayer, comptant sur cette nouvelle victime qu’il venait de lui offrir. Courant à en perdre haleine jusqu’à l’endroit où la créature était entrée, toutes ces pensées orientés sur son prochains coup, oubliant les bruits alentours ainsi que sa vision périphérique, il n’y avait plus qu’un objectif : La sortie.

Un pas après l’autre, poussé par l’adrénaline, il tituba et sauta en travers de l’ouverture, ce réceptionnant sur l’épaule dans un gémissement de douleur. Douleur qu’il contint avec peine alors qu’il dressa ces bras en direction de l’ouverture.

-Élevez vous … Han ...Han … Maintenant … Flammes !

Dans un crépitement sourds, des flammes s’élevèrent alors du sol, bloquant la petite entrée et offrant une protection pour le sorcier. Satisfait et légèrement hilare, le mage rampa vers le mur, son cœur battant la chamade et ces jambes tremblante, il n’était plus en état de marcher, ni même de tenir debout, une pause était nécessaire. Tout fois, son arrogance le poussa alors à parler au dessus des flammes.

-Messires ! … Oyez ! Je ne crains que votre jeu n’aie raté … vous m’en voyez terriblement navré … Tout fois, je vous propose un nouveau partenaire de jeu ! Je suis persuadé qu’il cherchera à mettre la mains sur vous … Quelque soit la façon !

Il ponctua alors ces phrase d’un rire satisfait, presque sadique. Un coup qu’il ce félicita intérieurement d’avoir echaffaudé.
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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Jeu 1 Mar - 10:57




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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Dim 15 Avr - 21:51

Ils s'enfoncèrent sans peine avant de resurgir, quelques secondes plus tard. Sur les vallées calleuses de ses paumes fatiguées luisaient faiblement les dernières braises. Sans un bruit, alors que débutait l'affrontement près de soixante coudées plus bas, la douairière porta à ses lèvres les cendres tantôt grises, tantôt rougeâtres. Des lieux en deçà retentissaient désormais les râles caverneux de leur création volontairement imparfaite. D'un soupir, elle souffla la poussière d'encens qui tâchait sa main. Un bref instant, les escarbilles brillèrent de nouveau, avant que leur lumière ne se dissipe dans la brume et que le vent ne les emporte par delà les entrelacs de bois. Ses crochets griffèrent ensuite la robe de bure de sa jumelle. Contre ses vieux ongles, elle sentait presque les os froids de sa sœur. « Je m'en vais m’enquérir de l'état de notre nouvelle amie... » Siffla-t-elle de sa voix aride. Dans la nébuleuse de poudre qui enrobait leur nid, son haleine sèche dessinait d'étranges lacis. « Qui sait, peut-être a-t-elle soif, désormais ? » S'enquit-elle, plus pour la forme que par réelle compassion à l'égard de la jeune femme qu'elles détenaient. Elle savait combien elle énervait Kotake et, à dire vrai, le culot de leur prisonnière commençait à l'agacer également. « Rejoins moi quand ils en auront fini avec la petite. Cela ne devrait pas s'avérer trop compliqué, j'imagine », lâcha-t-elle, aussi dédaigneuse et rogue que le soleil qui brûlait les insectes foulant du pied le désert. Sans plus attendre, Koume tourna le dos à celle qui prétendait être son aînée, le regard bercé d'une fureur douce, déjà sanglante. La jeune apatride ne jouerait plus longtemps les forte-tête, elle en était persuadée.

"Fais-donc", grinça Kotake des dents sans accorder un coup d’œil à sa jumelle cadette. A l'évidence, le spectacle ne gagnerait pas beaucoup plus en intérêt et elle comprenait la lassitude de sa sœur. Tôt ou tard, elle aussi finirait par rejoindre la geôle de la sauvageonne au cheveux de jais.




Entre ses chicots déconfits perlait une salive rance, presque acide. Ses griffes rayaient parfois les épaisses dalles de pierre qui pavaient l’arène. Dans l’obscurité et le brouillard surnaturel qu’avaient murmuré les sœurs, ses yeux perçaient tout de même. Malgré les deux sinistres suaires qui handicapaient ses proies. « Eeeerrr — » suffoqua-t-elle de sa gorge déchirée çà et là. Le smog, épais comme une purée de pois, tirait sur le pourpre. La bête voyait sans mal au travers, à l’instar de tout ceux que la vie avait laissé sur le bas-côté de la route. Pour les autres, la situation n’avait rien de comparable : le gaz s’etait insinué partout, masquait leur vue et emplissait probablement leurs poumons. Les quelques brasiers qui étaient restés allumés n’en étaient que plus aveuglants. « Eeeeeerrrr — », murmura-t-elle à nouveau, sifflant comme un animal dont on aurait évidé les poumons. Ses serres dentelées commencèrent à racler la pierre à intervalles demi-réguliers alors que la créature débutait un large cercle autour de l’ombre. De lui, elle gardait d’abord ses distances : le peu qu’il lui restait d’instinct la poussait à se méfier. Bien sûr, elle ne posait pas de mot sur la question — elle était incapable d’une réflexion construite ou élaborée. Mais quelque chose chez le reflet instillait en elle une prudence peu commune chez ces créatures.

Sans jamais le quitter des yeux, elle se désintéressa tout à fait de l’homme qu’elle avait déjà balayé. Il s’était réfugié hors d’atteinte, derrière un mur qu’elle était incapable de franchir et qu’elle gardait de toute façons loin d’elle.  A chaque pas de plus, le lourd collier qu’on avait fixé à sa poitrine enfonçait un peu plus sa cage thoracique. C’est sans un son, sans un geste et sans un avertissement qu’elle s’élança. Sa silhouette fragile et courbée se détendit à une vitesse folle, tout juste perceptible à l’œil. Et encore, c’était sans compter sur les épaisses fumées qui tapissaient dorénavant l’ensemble de l’immense pièce. Comme elle, le pauvre hère brûlé s'était mis en marche, griffe et carapace sorties. En moins d'une seconde, elle avala les quelques coudées qui la séparaient du gibier. De son pavois, le Mirage noir tenta un assaut pour la jeter en arrière mais il était trop gourd : la bête se jeta au sol et se laissa glisser, portée par l'inertie et sa vitesse. Rapidement, bien trop pour lui, elle se retrouva dans son dos. « Kssss, Ksssss... ! — » Héla-t-elle de sa voix macabre. Sa langue morte claqua contre ses crocs, brièvement, avant qu'elle ne frappe. De ses doigts sales et brisés, dont perçait parfois des os, elle chercha à griffer et entailler le dos de sa prise. Son coup visait à ouvrir le bretteur comme un pourceau sur toute la diagonale, de l'omoplate au bassin.

A nouveau, sans chercher à savoir si ses ergots puants et infectés avaient suffit à fendre la chair de son ennemi, elle raidit brusquement ce qui lui restait de muscles. D'un bond soudain et leste, la non-morte se hissa jusqu'aux épaules du guerrier, poussant un hurlement strident. « EEERRYEEEEE... ! — » Vomit-elle avec le timbre glaçant que lui permettait son gosier lacéré, ses cordes vocales partiellement tailladées. Ses cuisses, étonnamment fermes, se refermèrent autour de la nuque du faux Héros, qu'elle fit tout pour compresser autant que possible : il s'agissait tant d'asseoir son équilibre que d'étouffer sa victime sans avoir a patienter qu'il se vide de son sang. Elle l'ignorait, mais lui comme l'autre devaient déjà être sensibles aux illusions que générait l'embrun des deux sœurs. Une chance pour elle, il n'affectait que les vivants. « Kssssssssss... — », fit encore sa langue, battant ses dents. Une seconde fois l'instinct la poussa à frapper, avec toute la brutalité dont elle était capable : au visage d'abord, puis au bras. Enfin, elle jeta ses crocs à l'assaut de l'oreille qui pointait hors de la coiffe.

*

Plus loin, par delà la digue de feu rouge et jaune, d'étranges tambours de fer ou d'acier commencèrent à battre. Ni l'Ombre ni la ghoule ne les percevait encore, et peut-être n'auraient-ils jamais l'occasion de les entendre. Parfois, il s'interrompaient et faisait place à un autre son, non moins lugubre. Sur la roche de sable grattait quelque chose. Quelque chose d'indicible, d'inidentifiable. Quelle que chose qui, c'était là la seule certitude possible, avançait. Progressait même, lentement, vers les herses qui condamnaient la venelle dans laquelle s'était enfermé le sorcier. Rien, jusqu'à présent, ne trahissait la menace. Rien, sinon quelques sifflements inaudibles qui semblaient venir de nulle part et de partout à la fois. Sur les murs jadis immuables se dessinèrent les visages momifiés d'anciennes cheffes de guerre. Leurs traits tirés auraient presque pu être sereins, si de leurs gueules ouvertes ne jaillissaient pas un poudrin noirâtre, lourd et malsain. « Toi... », murmurèrent-elles à l'unisson, laissant l'écho rebondir entre les enceintes du tombeau. « Toi, qui cherche le répit dans les livres... », reprirent les voix, tantôt dissonantes, tantôt multiples, toujours unies. « Tu n'as pas l’étoffe. » Le grincement du fer marquait encore les dalles. « Il n'a pas l'étoffe. » Souffla l'une d'entre elles, se détachant du chant mauvais qu'elles avaient entrepris. « Pourquoi se lance-t-il ? » Questionna une autre, alors que naissait doucement mais sûrement un concert de doutes, de questions, alimentant un véritable un chaos sonore. « Il sait bien qu'il en est incapable. » Des lèvres desséchées des figures antiques s'échappèrent dorénavant deux larges vipères. « Il ne sera jamais aussi puissant que ne l'était son père. » Lança une autre voix. « Non, évidemment... Mais pourquoi s'élancer alors ? » Lui répondit une autre. « C'est la mort qui l'attend au bout du chemin. Il n'a pas l'étoffe. » D'autres voix éclatèrent de rire, goguenardes et pleines de jugement à l'encontre du mage. Les serpents léchaient les dagues qui leur servaient de crocs, rampant le long du sol, des reliefs, contre les murs, sifflant. Les tambours frappèrent deux autres coups. « Il ne réussira pas. » Reprit une autre voix alors que les reptiles acculaient peu à peu l'apprenti.  « Il n'a jamais rien réussi. » Les petites guivres sifflèrent comme pour prévenir de l'assaut empoisonné qu'elles allaient porter. Au loin, les puissants darkbouka de métal reprirent les rythmes de guerre.

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MessageSujet: Re: Marchander avec les vents du Désert   Dim 30 Sep - 17:28

La mains passa le long de son visage, celui-ci semblait recouvert de poussière, de sable et de sueur qui semblait maintenir le tout en un voile que l’homme cherchait désespérément a retirer au moins de ces yeux. Il soupira lentement, avant de remarquer que ces yeux avaient déjà commencé a ce fermer de part la fatigue qui prenait déjà ces membres les uns après les autres dans une torpeur saisissante. Son esprit tout fois, ne désirait guère cette torpeur, dans un éclaire de lucidité il ré-ouvrit les yeux et les entendit, enfin.

Ces voix qui sortaient du néant, de l’obscurité la plus totale. Son œil valide glissa en direction des tréfonds, cherchant la source de toutes ces phrases semblant vouloir percer le fonds de son esprit, semer le doute en lui. Il eût un léger sourire, amusé par la situation, une autre épreuve consistant a mettre son esprit à l’épreuve, voilà qui est retords.

Il eut un léger rire, avant que ces mains ne ce plaquent contre le mur ensablé par le temps. Tentant alors avec difficulté de ce remettre sur des jambes qui semblaient refuser de le supporter. Le sorcier parvint enfin dans cette effort qui lui semblait douloureux et interminable, une fois debout, ces yeux glissèrent le long des murs avant de les voir enfin, les deux vipères qui rampaient avec une insatiable envie de meurtre, dirigé envers la seule personne en présence, lui.

Malheureusement pour l’homme, la sorcellerie avait ces limites, le mur de flamme avait puisé dans ces réserves et ces jambes peinaient à le porter. Reculant en frémissant, il crispait tout ces muscles alors que les deux serpents rampaient inévitablement dans sa direction et enfin, inévitablement dans une course gagnée d’avance, les crocs rencontrèrent la chair des ces mollets. C’est dans un cri que le sorcier ce saisit alors de la vipère mordeuse et la lança alors en direction des ténèbres. Alors qu’il sentit le venin ce répandre, il remarqua alors, étrangement, la disparition de la seconde vipère. Détail qui sortit rapidement de son esprit en sentant alors ces jambes s’engourdirent, puis tout son corps.

Encore une fois, le sorcier ce retrouva à terre, les tambours semblaient frapper toujours plus fort au sein de son crâne. Sa vue ce troubla alors, il regardait en direction de ce mur de flamme érigé, seul protection entre lui et un combat entre l’ombre et la mort. Un fin filet de bave s’échappa de ces lèvres alors que son corps fût secouer de quelques soubresaut, spasme qui ébranlait la totalité de son corps.

Mais la mort ne vint pas, sa gorge ce resserra alors, il étouffait, mais pas suffisamment pour en mourir, pas suffisamment pour être libéré de cette douleur qui prenait son corps frêle. Il n’avait connu nul sort de soin et maudissait alors cette décision de ne pas l’avoir étudié. Sa tête ce mit à tourner dans bien des sens pour chercher la vipère assassine, mais elle restait introuvable. Peut être qu’en visualisant le venin, peut être pourra t’il y remédier ? Dans des efforts colossaux. Il parvient à faire demi-tours et, par la force de l’espoir, ce mit a chercher la vipère qui ne devait sans doute pas tarder à revenir à la charge.

Mais rien, toujours rien, pas de serpents venimeux, ni même ces traces dans le sable et la poussière. C’est alors qu’une idée vint saisir son esprit. Encore quelques efforts et il s’approcha de l’une des gueules qui avait vomit le serpent et enfin, il avait la réponse à ces questions : La bouche de la statue était obstruée, par conséquent, rien n’aurait pût passer.

Dans un râle, il s’allongea alors sur le dos, fixant le plafonds, son esprit désormais embrumé par le venin commençait à aligner les faits : Était-ce une invocation ? Une illusion ? Lorsqu’il avait retirer la vipère, il ce souvint de la légèreté de celle-ci, bien trop légère. Il s’agissait d’une illusion, mais d’un niveau bien plus haut que le sien.

Il ferma alors les yeux, reprenant ces esprits, si cela était une illusion alors tout devait ce passer dans son esprit, il devait ce concentrer, ce baser sur la réalité. Quelque chose de simple à dire mais les fait sont plus compliqués … Ce n’est que lorsqu’il commençait enfin à ce concentrer sur un point fixe sur le plafonds de brique ensablée qu’il sentit alors la chaleur baissée. Cela ne voulait dire qu’une chose : Le mur commençait à s’effondrer peu à peu, il ce dissipait par faute de concentration pour le maintenir, ce n’était absolument pas une bonne nouvelle, sachant le mauvais coup qu’il avait fait.

Lentement, il reprit alors sa concentration, il devait ce soigner, il devait guérir son esprit. Restant alors allonger, le souffle court, ce souciant bien peu des tambours qui frappaient au loin et les voix qui semblaient continuer à s’élever au bout du couloir.
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