Forum de RP basé sur le thème de Zelda (Ocarina of Time), coupé au site de RPG en ligne Hyrule's Journey
 
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 Grimace sous le masque

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Llanistar van Rusadir
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MessageSujet: Grimace sous le masque   Mer 8 Mar - 19:26

Gros et gras qu'il était, Saron s'essoufflait vite à courir le long du rempart sud de la citadelle, comme une souris ayant un chat aux trousses. Le garde ne laissait ni une porte ni un camarade le ralentir, et il donnait des coups d'épaules aux unes comme aux autres, en direction de la porte principale de la cité. Sur son front, la lueur du soleil couchant faisait perler quelques gouttes de sueur, le rendant luisant et surlignant d'autant sa calvitie. Vraiment, Saron était trop vieux pour ces conneries. Lui qui se demandait encore le matin même si il n'allait pas raccrocher... C'était peut être le moment. Rendre de lui même son manteau et son gant de sous-officier avant que sa passion pour la bouteille ne le fasse renvoyer, ça sonnait mieux qu'une exclusion sans prime de vétéran et sans récompense pour tous ces années de bon et loyaux services. Il aurait dû le faire à midi, quand il avait trouvé la nourriture de la caserne dégueulasse et que l'idée l'avait à nouveau effleurée. De toute façon, passé l'âge qu'il avait - et ce quand bien même Saron ignorait son âge exact, ou l'avait oublié - on avait plus sa place dans l'armée. Place aux jeunes, surtout qu'avec la guerre, être soldat devenait bien plus risqué que ce pour quoi il avait signé !

« Alors le vioque, on a raclé le fond de bouteille ?! »

Saron cracha au visage du jeune con qui manquait bien trop de respect envers ses aînés à son goût, et continua sa course. Le pire c'était qu'il ne pouvait pas lui donner tord. Mais à trop ouvrir sa gueule, il risquait d'ameuter le lieutenant. Et ça, Saron voulait l'éviter à tout prix. De toute façon il était sur le point d'arriver. Il passa dans la dernière tour en défonçant presque une porte de ses gonds et arriva finalement à la porte sud ; Pas un rat dans le poste de garde. Le précédeceur de Saron, ce traître, avait déserté sitôt son tour de veille terminé. Il ne l'avait pas attendu, et surtout il n'avait pas remonté ce fichu pont levis ! Et dans sa course trop rapide pour les jambes du vieux soldat, le soleil avait quasiment disparu à l'horizon !
Saron se précipita alors vers le mécanisme du pont, prêt à rattraper son erreur et couvrir ainsi ses fesses du courroux de son supérieur. Il avait commencé à actionner les chaînes lorsqu'il entendit une voix appeler depuis en bas des remparts.


« Hey ! Attendez ! »

Curieux, il alla vers une des archères du poste de garde et constata qu'un voyageur arrivait vers la porte, en tâchant de remuer un cheval qui semblait éreinté. Un resquilleur de dernière minute, à ce moment précis, Saron ne pouvait craindre pire poisse ! Il continua à remonter le pont, ce qui provoqua un nouveau concert de cris.

« Arrêtez donc, vous n'êtes pas à une minute prés ! »

Oh que si, il l'était ! Pour qui il se prenait ce civil, à croire qu'il savait mieux qu'un vétéran du remontage de pont-levis quand il convenait de le remonter ?! De toute façon la règle était simple ; plus personne après le coucher du soleil. Alors pourquoi s'acharner à vouloir l'emmerder ? De toute façon, le pont était quasiment remonté, barrant le chemin au voyageur, arrivé trop tard au pied des murs.

« Pitié les gars, j'ai plusieurs jours de voyage dans les pattes ! Vous allez pas faire ça à un de vos frères d'armes ! »

Saron stoppa son geste. Il se maudissait déjà, sentait les emmerdes lui arriver dessus, entendait déjà sa femme l'engueuler d'avoir si peu de bon sens. Mais le vieux soldat relâcha sa poigne sur le mécanisme et laissa le pont retomber au dessus des douves. La camaraderie, c'était son point faible. La raison qui lui avait fait rejoindre l'armée, celle pour laquelle il était resté malgré tous les coups durs et qui l'aidait à supporter une époque morose et trop nouvelle à son goût. Il entendit les sabots d'un cheval sur le bois, et aussi celui de bottes ferrés sur le rempart. Il attendit quelques instants avant de remonter le pont et entendit, alors qu'il le faisait, une voix derrière lui,

« Au rapport, sergent Saron. Pourquoi les portes ne sont elles pas encore closes ? »

Il opposa à la voix de la sanction un silence résigné, sachant pertinemment que le lieutenant se fichait de ses arguments, qu'il n'avait que trop attendu ce moment pour le virer de ses rangs. Saron lui adressa un regard plat, de ses yeux bleu pâle. Sigwen lui souriait en coin, avec une ironie à lui flanquer des pains dans la tronche. Les deux hommes ne s'étaient jamais supportés, ils n'auraient sans doute plus à le faire longtemps. Le lieutenant fit signe au sergent de le suivre. Ils descendirent le rempart, Saron en homme défait et Sigwen en bourreau satisfait.
Mais lorsqu'ils arrivèrent devant le poste de garde des officiers, Saron remarqua que le voyageur attendait, les bras croisés sur la poitrine. Son capuchon empêchait que l'on voit son visage mais lorsque sa voix retentit, le lieutenant se figea.


« Foutez lui la paix, Sigwen. Il a sauvé votre cul ce soir. »

Saron crut bien avoir vu un ange ce soir là. Car le lieutenant se retourna, lui fit signe de retourner à son poste et resta quelques instants à échanger avec l'inconnu avant de retourner avec les autres officiers. Quand à l'homme, il disparut dans le glacis des rues de la citadelle, sans demander son reste. Plus tard, le vétéran devait s'en souvenir avec une pointe de tristesse ; l'homme semblait défait.

* * *

« Un général ne devrait pas faire ça ! »

Les mots de Sigwen résonnait encore dans l'esprit de Llanistar lorsqu'il passa devant l'autel à Nayru qui démarquait le quartier des riches marchants de celui des petits artisans. Sur le moment, il avait savouré la surprise inscrite sur le visage de l'officier, qu'il trouvait de manière généralement trop arrogant et pompeux pour son grade médiocre. Mais à la longue, ses mots le marqueraient, le nordique le sentait, car ils avaient frappé juste.

Llanistar se sentait fatigué. Pas seulement épuisé par la longue traque dont il rentrait à peine, mais également éreinté moralement, par son échec total lors de cette dernière. Pas un instant avant son départ il n'avait douté de lui même. Son don, son talent naturel allait le faire réussir là où les autres lui avaient failli. Ces certitudes étaient si solides qu'il s'imaginait alors à peine s'absenter quelques jours. Une douzaines de jours après son départ, perdu en pleine nature, sa dernière piste envolée, le limier avait dû se résigner et rentrer la queue entre les jambes, et la truffe basse, de honte et de dépit. Et comme pour se faire l'échos de sa situation, le ciel s'était déchaîné contre lui et Borvos, son cheval. Une bonne monture, qui l'avait bien porté les premiers temps mais s'était rapidement révélé moins fougueux que Anthem. Mais Llanistar était parti déguisé, incognito ; il avait dû laisser sa monture de général à l'écurie.

Il fut rapidement conscient que malgré la distance entre les hautes tours du château et la fange de la populace, son escapade n'était pas passée inaperçue. En croisant une patrouille, il avait entendu son nom prononcé avec mépris, comme celui d'un lâche. Perplexe, le nordique avait finalement entendu un enfant lui énoncer la vérité telle que se la figuraient les gens ;
« Papa, c'est vrai que le général il nous a abandonné ? ». L'air désolé du père, seule réponse à son fils, lui avait coupé le souffle. Llanistar n'avait pas prévu cela. Ni ce que la rumeur déclencherait.
Au fil de son trajet, il entendit assez souvent son nom, toujours associé à un crachat ou un soupire. Plusieurs fois, il eut une furieuse envie de déchirer son manteau, de montrer son visage et de tout dire à ceux qu'il croisait. Leur expliquer, les rassurer, leur dire que dés le lendemain, il serait à nouveau tout entier dédié à eux. Il n'y parvint pas.

D'ordinaire, Llanistar savait ce qu'il aurait fait. Il se serait rendu dans la pire taverne, le plus profond trou de basse-fosse et y aurait picolé tout ce qui lui tombait sous la main. Mais pas ce soir. Pas dans cet état. Il savait bien que l'alcool ne l'aiderait en rien sinon à sombrer dans sa mélancolie. Or, malgré tout ce qui allait mal, le nordique avait surtout envie de s'accorder un peu de répit. Un peu de calme, avant de replonger dans la tempête. Il ferait mentir les rumeurs dés que le soleil serait levé à nouveau. Cette nuit là était la sienne. A lui seul.
Une nuit dédiée au silence, sans vacarme, sans fracas.

Il amena Borvos jusqu'à une fontaine pour lui permettre de s'abreuver tandis qu'il écoutait un filet de musique qui s'échappait de la fenêtre d'une auberge. Abaissant son capuchon, il se laissa ainsi bercer un instant. Et finalement, Llanistar sentit une présence s'approcher, derrière lui. Il ferma aussitôt son esprit. Il s'était promis le silence, il y avait bien le droit. Encore fallait il que son esprit le veuille bien. La présence s'avança encore.

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MessageSujet: Re: Grimace sous le masque   Mer 16 Aoû - 15:33

Ses yeux bleus s'égarèrent un instant sur la surface bouillonnante de la soupe, mais très vite une voix la rappela à la réalité.

"T'endors pas hein ? On a encore beaucoup de monde à servir."

Elle releva rapidement la tête, hochant la tête d'un air entendu.

"T'as l'air ailleurs. Plus que d'habitude. Il s'est passé quelque chose chez toi ?"

"C'est où d'ailleurs chez toi ?
- C'est vrai ça, on ne sait presque rien sur toi !
- Peut-être que notre Tetra nous cache une autre vie !"

La jeune femme esquissa un sourire timide à ses amies. La majorité d'entre elles étaient des religieuses, elles avaient dédié leurs vies aux Déesses et vivaient au Temple non loin. Quelques-unes n'étaient pas allées jusque là mais souhaitaient tout de même offrir leur soutien. Il y avait toujours beaucoup de monde à la soupe populaire et des bras en plus n'étaient jamais de refus. C'était d'ailleurs ainsi qu'ils avaient accueilli Tetra sans trop poser de questions.

"Bien sûr, je passe mes nuits à patrouiller en ville pour faire régner l'ordre."

Son ton se voulait taquin mais pas moqueur.
Elle versa la soupe dans un bol qu'elle fit passer à ses collègues pour la distribution, tout en suivant du regard sa progression. Comme souvent son cœur se serra en voyant le visage émacié de l'homme qui réceptionna le maigre repas, tout comme la file encore nombreuse derrière lui.


"Ça expliquerait ces cernes en tout cas !
- Tu nous as dit que tu étais l'apprentie de la Prêtresse de Nayru, mais on ne te voit jamais au Temple !
- Elle non plus il faut dire..."

"C'est parce que j'ai une autre mission. Tenez."

À nouveau elle fit passer un bol de soupe qui trouva rapidement preneur.

"Tu peux bien te reposer parfois.
- Tu devrais venir avec nous sur le marché après !
- C'est vrai ça, il parait qu'une nouvelle troupe de ménestrels est arrivée en ville, j'aimerais bien les voir !"

Un instant les yeux de la jeune femme semblèrent briller, laissant penser à ses amies qu'elle allait accepter leur proposition. Pourtant elle finit par secouer la tête, agitant ses longs cheveux blonds.

"J'ai beaucoup à faire ce soir. Une prochaine fois peut-être ?"




La princesse rajusta sa cape et ramena la capuche sur sa tête. Elle avait abandonné ses robes richement brodées portées au château pour une version beaucoup plus simple et discrète. Elle s'était inspirée de ce qu'elle avait vu les autres femmes porter, et opté pour une robe de bure brune corsetée, surmontée d'une chemise en lin blanc. Un tablier accroché à ses hanches et des manches retroussées achevaient de lui donner un air plus manuel que ses tenues habituelles. Les sabots qui dépassaient du bas de sa jupe changeaient aussi radicalement des chaussures pourtant variées dont elle avait l'habitude.
Jusque là, sans atours royaux ni aucun fard personne ne l'avait reconnue, mais elle ne voulait pas prendre de risque pour rentrer au château.


Elle n'avait pas menti en parlant de travail, mais elle s'autorisa tout de même à flâner et parcourir à son rythme les ruelles. Elle en avait besoin pour remettre de l'ordre dans ses pensées. Le bruit reposant d'une fontaine guida ses pas. Elle s'arrêta un instant pour l'écouter, mais c'est son regard qui fut surtout frappé par une silhouette familière.

Doucement elle se remit en mouvement pour rejoindre l'homme qui semblait de bien triste humeur. Elle s'assit sur le bord de la fontaine avant de faire entendre sa voix.

"Je suis contente de vous voir ici."

Zelda dévoila son visage en tirant la capuche qui le couvrait. Elle était certes plus difficile à reconnaître sans couronne, sans bijoux, sans maquillage et dans une robe simple, surtout que peu s'attendaient à la croiser seule en ville, mais ses traits restaient les mêmes.

"Bien que je n'aie pas douté de votre retour pour ma part."

Elle ignorait la raison exacte pour laquelle le général était abattu mais il aurait fallu être sourd pour ne pas entendre les reproches formulés à son égard suite à son départ un peu précipité.

Elle garda le silence un instant en écoutant le doux murmure de la fontaine. C'était un moment qu'elle attendait et redoutait à la fois. Elle se savait responsable de ce qui avait amené le général à partir en toute hâte.

"J'espérais juste que vous seriez vite de retour parce que... J'ai tellement à dire que je ne sais pas par où commencer..."

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MessageSujet: Re: Grimace sous le masque   Dim 17 Sep - 23:23

Llanistar l'avait reconnu avant même qu'elle ouvre la bouche pour le saluer, à sa manière. De ce qu'il en savait, Zelda ne parvenait à échapper à ses sens que lorsqu'elle devenait Sheik et que toute trace de son pouvoir disparaissait. Autrement, la plupart du temps du moins, le général pouvait sentir sa présence, diffuse, toute en majesté, d'un bout du château royal à son opposé. Pourtant, ce soir là, il n'avait ressenti cette présence si particulière, comme la lumière du soleil sur des paupières fermées, qu'au dernier instant. Pas plus qu'il ne l'avait remarqué avant qu'elle ne s'avance sur cette place, d'ailleurs. Cela ne pouvait signifier qu'une chose ; Aux yeux des quelques passants qui déambulaient encore dans ces rues endormies, la femme qui se tenait dans son dos n'était pas la princesse Zelda. Le général compris mieux que ses mots fussent aussi évasifs.

Se retournant, il croisa son regard l'espace d'un instant, avant de baisser légèrement la tête en guise de salut, le genre qui signifiait son respect sans trop attirer l'attention. Il considéra la tenue de sa suzeraine, toute en modestie et en banalité ; certainement le meilleur choix pour se fondre dans les gens du commun, mais lui ne pouvait s'empêcher de trouver cela... incohérent avec l'image qu'il se faisait d'elle. De la même manière qu'il considérait l'allure de Sheik comme le comble de la bizarrerie hylienne, Llanistar s'amusait presque de rencontrer Zelda habillée comme une commune jeune fille à marier du peuple. A plus forte raison qu'il ne devait pas resplendir non plus, tout sanglé dans une tenue d'éclaireur de l'armée ; du genre à mieux convenir aux torrents de boue qu'aux tapis de velours. Ah, ils étaient beaux, la Couronne et son Bouclier ! Il aurait pu en rire, mais il se sentait trop fatigué pour cela. Au contraire, il ne souhaitait ni parler, ni échanger avec elle, ni avec personne d'autre. Il avait besoin de rester seul avec lui même un petit moment, juste une nuit, et le destin semblait vouloir lui refuser jusqu'à cela.

Il sentait son humour tourner maussade lorsqu'elle évoqua son retour, et le rassura sur sa foi en sa loyauté. La geste était bon, mais trop précautionneux pour que Llanistar y voit autre chose qu'un baume passé sur une blessure de l'âme encore à vif. Les mots du garçon lui revinrent aussitôt à l'esprit et il ne put répondre qu'avec une ébauche de sourire, murmurant dans un souffle court un morceau de réponse,
«... Mon devoir. »

Ce mot sembla résonner sur chaque pavé de cette fichue place. Comme si il avait renversé un seau d'eau sur le sol, le général considérait chaque goutte du son se répandre sur la pierre, se glisser dans chaque interstice, rebondir sur chaque obstacle, pour mieux s'évaporer dans l'immensité du ciel étoilé. Sans y réfléchir, il avait entrouvert son esprit, et en jouait comme un gamin se plonge dans un jeu imaginaire familier. Mais déjà le pouvoir de Zelda l'éblouissait, cette fois bien moins violemment. L'aura d'ordinaire aussi ardente que le Soleil s'avérait plus douce, en accord avec cette robe et cette humilité qui tranchait avec celles que la Reine arborait d'ordinaire.
Alors, sans y réfléchir il établit une connexion avec elle. Juste un contact, l'équivalent d'une caresse tout juste frôlée, mais ce fut suffisant pour le pousser à se retrancher derrière ses barrières mentales. Un rien avait suffit, non pas pour qu'il saisisse ce que ressentait Zelda, mais pour capter une similitude, une symétrie ; une affinité. C'était son mot pour décrire deux états d'esprits comparables. Le devoir. Il les écrasait, elle comme lui.
A cette pensée, il n'eut plus vraiment envie de la fuir, elle et ses mots. Au contraire, quelque chose crevait en lui, et il aurait sans doute eu un mouvement de sympathie, si il ne s'était agit d'elle et de lui, d'une princesse et de son général. Quand bien même ils avaient échangés des secrets, jamais Llanistar n'aurait eu l'outrecuidance de se voir comme autre chose qu'un serviteur de sa reine. Il regrettait encore régulièrement sa nonchalance, lorsqu'au soir de la bataille de la vallée gérudo, il lui avait servi de l'alcool comme un frère d'arme le ferait à un autre. Inconvenant, et très embarrassant, même des mois après. Il se contenta de l'inviter à s'asseoir à ses côtés, après qu'elle lui ait dit avoir beaucoup à lui confier. Lui même sentait dix sujets de conversation se mêler derrière ses lèvres et il lui fallut rassembler sa contenance quelque peu émoussée par son séjour sauvage pour se contenter d'un laconique,


« Je suis content de vous savoir saine et sauve. » Cela allait de soi mais après tout, il était parti sur un coup de tête et n'avait cessé depuis lors de regarder en arrière, tirailler entre son devoir de protection de Zelda et son voeu personnel de pourchasser celle qui avait failli l'assassiner. « Je n'aurai pas dû quitter la ville sans vous prévenir mais... » Ses mots restaient comme collés entre ses dents, chacun lui évoquant un goût plus répugnant les uns que les autres. Difficile d'évoquer un sentiment reposant sur aussi peu d'éléments concrets et certains que le soupçon qui lui était venu, le soir de l'évasion de Swann Dragmire. Conscient que ses mots pourraient provoquer des dégâts trop grands comme un bien trop maigre, il garda le silence. « Enfin... c'était compliqué. Je ne voulais pas que ma décision repose sur vos épaules ». Quand bien même ça n'était pas toute la vérité, c'en était pas faux pour autant. Llanistar avait bel et bien fait de sa quête un acte personnel et comptait bien ne pas mettre en danger quelqu'un d'autre, raison pour laquelle il avait également laissé Orpheos derrière lui.

Sans doute cause de l'aboiement d'un chien dans une ruelle alentours, sa monture s'agita soudainement. Etant hors de portée des rennes, Llanistar projeta son esprit pour le calmer d'une caresse mentale. Simple réflexe, pour éviter de se faire remarquer. Une banalité, après avoir passé plusieurs jours avec cette bête dans la nature. Mais là bas, il n'y avait personne pour le voir. Personne pour sentir ce qu'il venait de faire. Le général se figea, et n'osa pas regarder sa reine tandis qu'il déclarait, d'une voix lasse, « Je suppose que nous avons en effet bien des choses à nous dire. » On pouvait y deviner son embarras, mais aussi une pointe de ce soupçon qui s'obstinait à tirailler son esprit.

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