Forum de RP basé sur le thème de Zelda (Ocarina of Time), coupé au site de RPG en ligne Hyrule's Journey
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  
Partagez | 
 

 Grimace sous le masque

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Llanistar van Rusadir
Général Hylien | Le Fléau de Markand.
Général Hylien | Le Fléau de Markand.
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2651
Age : 25
Date d'inscription : 05/02/2007

Fiche personnage
Guilde: Couronne d'Hyrule
Race: Hylien Hylien
Description:

MessageSujet: Grimace sous le masque   Mer 8 Mar - 19:26

Gros et gras qu'il était, Saron s'essoufflait vite à courir le long du rempart sud de la citadelle, comme une souris ayant un chat aux trousses. Le garde ne laissait ni une porte ni un camarade le ralentir, et il donnait des coups d'épaules aux unes comme aux autres, en direction de la porte principale de la cité. Sur son front, la lueur du soleil couchant faisait perler quelques gouttes de sueur, le rendant luisant et surlignant d'autant sa calvitie. Vraiment, Saron était trop vieux pour ces conneries. Lui qui se demandait encore le matin même si il n'allait pas raccrocher... C'était peut être le moment. Rendre de lui même son manteau et son gant de sous-officier avant que sa passion pour la bouteille ne le fasse renvoyer, ça sonnait mieux qu'une exclusion sans prime de vétéran et sans récompense pour tous ces années de bon et loyaux services. Il aurait dû le faire à midi, quand il avait trouvé la nourriture de la caserne dégueulasse et que l'idée l'avait à nouveau effleurée. De toute façon, passé l'âge qu'il avait - et ce quand bien même Saron ignorait son âge exact, ou l'avait oublié - on avait plus sa place dans l'armée. Place aux jeunes, surtout qu'avec la guerre, être soldat devenait bien plus risqué que ce pour quoi il avait signé !

« Alors le vioque, on a raclé le fond de bouteille ?! »

Saron cracha au visage du jeune con qui manquait bien trop de respect envers ses aînés à son goût, et continua sa course. Le pire c'était qu'il ne pouvait pas lui donner tord. Mais à trop ouvrir sa gueule, il risquait d'ameuter le lieutenant. Et ça, Saron voulait l'éviter à tout prix. De toute façon il était sur le point d'arriver. Il passa dans la dernière tour en défonçant presque une porte de ses gonds et arriva finalement à la porte sud ; Pas un rat dans le poste de garde. Le précédeceur de Saron, ce traître, avait déserté sitôt son tour de veille terminé. Il ne l'avait pas attendu, et surtout il n'avait pas remonté ce fichu pont levis ! Et dans sa course trop rapide pour les jambes du vieux soldat, le soleil avait quasiment disparu à l'horizon !
Saron se précipita alors vers le mécanisme du pont, prêt à rattraper son erreur et couvrir ainsi ses fesses du courroux de son supérieur. Il avait commencé à actionner les chaînes lorsqu'il entendit une voix appeler depuis en bas des remparts.


« Hey ! Attendez ! »

Curieux, il alla vers une des archères du poste de garde et constata qu'un voyageur arrivait vers la porte, en tâchant de remuer un cheval qui semblait éreinté. Un resquilleur de dernière minute, à ce moment précis, Saron ne pouvait craindre pire poisse ! Il continua à remonter le pont, ce qui provoqua un nouveau concert de cris.

« Arrêtez donc, vous n'êtes pas à une minute prés ! »

Oh que si, il l'était ! Pour qui il se prenait ce civil, à croire qu'il savait mieux qu'un vétéran du remontage de pont-levis quand il convenait de le remonter ?! De toute façon la règle était simple ; plus personne après le coucher du soleil. Alors pourquoi s'acharner à vouloir l'emmerder ? De toute façon, le pont était quasiment remonté, barrant le chemin au voyageur, arrivé trop tard au pied des murs.

« Pitié les gars, j'ai plusieurs jours de voyage dans les pattes ! Vous allez pas faire ça à un de vos frères d'armes ! »

Saron stoppa son geste. Il se maudissait déjà, sentait les emmerdes lui arriver dessus, entendait déjà sa femme l'engueuler d'avoir si peu de bon sens. Mais le vieux soldat relâcha sa poigne sur le mécanisme et laissa le pont retomber au dessus des douves. La camaraderie, c'était son point faible. La raison qui lui avait fait rejoindre l'armée, celle pour laquelle il était resté malgré tous les coups durs et qui l'aidait à supporter une époque morose et trop nouvelle à son goût. Il entendit les sabots d'un cheval sur le bois, et aussi celui de bottes ferrés sur le rempart. Il attendit quelques instants avant de remonter le pont et entendit, alors qu'il le faisait, une voix derrière lui,

« Au rapport, sergent Saron. Pourquoi les portes ne sont elles pas encore closes ? »

Il opposa à la voix de la sanction un silence résigné, sachant pertinemment que le lieutenant se fichait de ses arguments, qu'il n'avait que trop attendu ce moment pour le virer de ses rangs. Saron lui adressa un regard plat, de ses yeux bleu pâle. Sigwen lui souriait en coin, avec une ironie à lui flanquer des pains dans la tronche. Les deux hommes ne s'étaient jamais supportés, ils n'auraient sans doute plus à le faire longtemps. Le lieutenant fit signe au sergent de le suivre. Ils descendirent le rempart, Saron en homme défait et Sigwen en bourreau satisfait.
Mais lorsqu'ils arrivèrent devant le poste de garde des officiers, Saron remarqua que le voyageur attendait, les bras croisés sur la poitrine. Son capuchon empêchait que l'on voit son visage mais lorsque sa voix retentit, le lieutenant se figea.


« Foutez lui la paix, Sigwen. Il a sauvé votre cul ce soir. »

Saron crut bien avoir vu un ange ce soir là. Car le lieutenant se retourna, lui fit signe de retourner à son poste et resta quelques instants à échanger avec l'inconnu avant de retourner avec les autres officiers. Quand à l'homme, il disparut dans le glacis des rues de la citadelle, sans demander son reste. Plus tard, le vétéran devait s'en souvenir avec une pointe de tristesse ; l'homme semblait défait.

* * *

« Un général ne devrait pas faire ça ! »

Les mots de Sigwen résonnait encore dans l'esprit de Llanistar lorsqu'il passa devant l'autel à Nayru qui démarquait le quartier des riches marchants de celui des petits artisans. Sur le moment, il avait savouré la surprise inscrite sur le visage de l'officier, qu'il trouvait de manière généralement trop arrogant et pompeux pour son grade médiocre. Mais à la longue, ses mots le marqueraient, le nordique le sentait, car ils avaient frappé juste.

Llanistar se sentait fatigué. Pas seulement épuisé par la longue traque dont il rentrait à peine, mais également éreinté moralement, par son échec total lors de cette dernière. Pas un instant avant son départ il n'avait douté de lui même. Son don, son talent naturel allait le faire réussir là où les autres lui avaient failli. Ces certitudes étaient si solides qu'il s'imaginait alors à peine s'absenter quelques jours. Une douzaines de jours après son départ, perdu en pleine nature, sa dernière piste envolée, le limier avait dû se résigner et rentrer la queue entre les jambes, et la truffe basse, de honte et de dépit. Et comme pour se faire l'échos de sa situation, le ciel s'était déchaîné contre lui et Borvos, son cheval. Une bonne monture, qui l'avait bien porté les premiers temps mais s'était rapidement révélé moins fougueux que Anthem. Mais Llanistar était parti déguisé, incognito ; il avait dû laisser sa monture de général à l'écurie.

Il fut rapidement conscient que malgré la distance entre les hautes tours du château et la fange de la populace, son escapade n'était pas passée inaperçue. En croisant une patrouille, il avait entendu son nom prononcé avec mépris, comme celui d'un lâche. Perplexe, le nordique avait finalement entendu un enfant lui énoncer la vérité telle que se la figuraient les gens ;
« Papa, c'est vrai que le général il nous a abandonné ? ». L'air désolé du père, seule réponse à son fils, lui avait coupé le souffle. Llanistar n'avait pas prévu cela. Ni ce que la rumeur déclencherait.
Au fil de son trajet, il entendit assez souvent son nom, toujours associé à un crachat ou un soupire. Plusieurs fois, il eut une furieuse envie de déchirer son manteau, de montrer son visage et de tout dire à ceux qu'il croisait. Leur expliquer, les rassurer, leur dire que dés le lendemain, il serait à nouveau tout entier dédié à eux. Il n'y parvint pas.

D'ordinaire, Llanistar savait ce qu'il aurait fait. Il se serait rendu dans la pire taverne, le plus profond trou de basse-fosse et y aurait picolé tout ce qui lui tombait sous la main. Mais pas ce soir. Pas dans cet état. Il savait bien que l'alcool ne l'aiderait en rien sinon à sombrer dans sa mélancolie. Or, malgré tout ce qui allait mal, le nordique avait surtout envie de s'accorder un peu de répit. Un peu de calme, avant de replonger dans la tempête. Il ferait mentir les rumeurs dés que le soleil serait levé à nouveau. Cette nuit là était la sienne. A lui seul.
Une nuit dédiée au silence, sans vacarme, sans fracas.

Il amena Borvos jusqu'à une fontaine pour lui permettre de s'abreuver tandis qu'il écoutait un filet de musique qui s'échappait de la fenêtre d'une auberge. Abaissant son capuchon, il se laissa ainsi bercer un instant. Et finalement, Llanistar sentit une présence s'approcher, derrière lui. Il ferma aussitôt son esprit. Il s'était promis le silence, il y avait bien le droit. Encore fallait il que son esprit le veuille bien. La présence s'avança encore.

_______________________



Premier compte d'Aedelrik et de Ganondorf.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Grimace sous le masque

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Sujets similaires

+
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hyrule's Journey :: RPG :: Citadelle d'Hylia-