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 Dans un combat, ce n'est pas le plus fort qui l'emporte, mais le plus convaincu

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Cecilia Iole Mentina
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MessageSujet: Dans un combat, ce n'est pas le plus fort qui l'emporte, mais le plus convaincu   Ven 30 Mai - 20:57

Le soleil venait tout juste de se coucher, l'animation à la place du marché commençait à décroître jusqu'à devenir nulle. Il n'y avait plus aucun enfant qui s'amusait dans le bourg, ni même des habitants qui discutaient entre eux : la nuit était réputée pour être calme et dangereuse, il était donc préférable de rester chez soi plutôt que de s'aventurer dehors sous l’œil attentif de la lune. Les voleurs guettaient n’importe quelle proie potentielle, c’était devenu une habitude en période de crise.

Traversant la place du marché avec une cape recouvrant sa tête et son corps, Cecilia hâtait le pas pour rejoindre la taverne. Au fil des jours passés à Hyrule, elle avait fait plusieurs connaissances dont le patron de cet établissement qui avait accepté de lui rendre un petit service en échange d’un petit remède miracle. En temps normal, elle lui aurait offert la potion sans dédommagement mais il tenait absolument à lui rendre quelque chose en retour après toutes les fois où elle l’avait dépanné. Les rédempteurs étaient devenus trop passifs tout comme les dragmires et il était temps qu’ils se relèvent pour frapper plus fort. L’alchimiste avait envoyé un message à une de ses connaissances, il était temps de lui dire toute la vérité et d’essayer de la rallier à leur cause pour espérer reprendre un jour la forteresse Gerudo.

Un bruit l’interpella, un regard rapide derrière elle lui apprit qu’elle était suivie, sûrement par quelques voleurs qui pensaient pouvoir lui dérober quelques objets et rubis. Elle n’en tint pas compte et continua son avancée dans le bourg tout en accélérant le pas. Pour être sûre de ne pas être suivie, elle s’aventura dans des ruelles avant d’utiliser sa magie pour grimper sur les toits, à l’abri de tous les regards. De cette façon, personne n’avait pu savoir où elle était passée. Elle continua son chemin en sautant de toit en toit pour se diriger vers l’auberge : elle n’était pas très en avance et elle espérait que son invité ne soit pas encore arrivé.

Une fois arrivée à destination, elle se laissa tomber devant la porte de la taverne avant d'enclencher la poignée et de pénétrer dans le lieu. Il y avait déjà beaucoup de monde qui festoyait à cette heure tardive et le brouhaha commençait déjà à devenir insupportable. L'alchimiste se dirigea vers le bar pour retrouver le propriétaire de l'auberge. Se demandant bien à qui il avait affaire, il fit une mine étonnée et se mit à sourire lorsque la jeune femme retira la partie de sa cape qui lui cachait le visage.


"Tiens c'vous dame Mentina, j'pensais que vous viendrez jamais !"

"J'ai eu quelques petits soucis sur la route mais rien de grave." Elle tourna la tête vers la salle pour tenter de voir si quelqu'un l'observait avant de reposer son regard sur le patron."Est-ce qu'il est arrivé ?"

"Pas encore, j'ai gardé la p'tite salle au fond comme vous l'avez demandé."

"Conduisez-le là-bas dès qu'il arrive, et voici votre remède miracle."

La gerudo posa une fiole sur le comptoir avant de faire demi-tour et de se diriger vers cette salle loin de tout ce boucan. La pièce était petite, il n'y avait qu'une table ronde avec deux chaises et une petite fenêtre dans un des coins reculés. De toute façon, pour ce qu'elle avait prévu de faire ce soir, c'était largement suffisant. La jeune femme se dirigea vers la fenêtre et observa le décor tout en l'attendant. Elle espérait que son message lui était parvenu et qu'il allait répondre à son invitation.

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MessageSujet: Re: Dans un combat, ce n'est pas le plus fort qui l'emporte, mais le plus convaincu   Dim 8 Juin - 14:29

Le fer noir était trempé et froid sous ses doigts. Il tira un peu plus, tandis que son pied trouvait un nouvel appui, avant de déraper. Le cuir de ses bottes glissa et il ne put s'empêcher de pester contre la garde qui avait relevé le pont-levis à la tombée de la nuit. En dépit de la sécurité que représentaient ce genre de mesures, elles le forçaient parfois à monter littéralement à l'assaut des remparts. L'Hylien poussa un profond soupir quand son torse percuta la pierre grise, mais sa main ne lâcha pas l'unique barreau qui séparait en deux la meurtrière. Sans quoi, c'était environ treize pieds plus bas qu'il aurait passé la nuit ; au plus profond des douves. Sa deuxième main vint s'agripper au rebord alors que ses deux jambes pendaient encore dans le vide, à une douzaine de mètre de son potentiel point de chute. La sueur poissait ses tempes et maculait déjà son front lorsque ses bras seuls le hissèrent suffisamment haut pour que ses jambes ne puissent les soulager. « Funérailles... — » Souffla-t-il alors, une fois accroupi sur un promontoire bien trop étroit pour qu'il ne puisse y rester. Son avant-bras vint essuyer la transpiration qui courrait sur son crâne, avant qu'il ne le renverse en arrière soucieux de la distance qui lui restait à gravir. Pas plus de trois pieds, en estimation haute. Sans doute deux, en vérité. Une nouvelle fois, il souffla, avant de jeter son bras et reprendre son ascension.

Il finit par gagner les créneaux, puis le chemin de ronde. Et quand le cuir de ses bottes claqua contre  les allées pavées - strictement de la même façon que la fois qui avait précédé la bataille contre Ganondorf, dans la cour de la Forteresse de Nabooru - il fut soulagé. Non pas parce qu'il avait eu peur, mais parce que la fatigue faisait son chemin, que les courbatures vrillaient ses membres encore chauds et endoloris. Il pensa s'asseoir pour respirer une seconde mais préféra s'éviter une rencontre avec un homme de Llanistar. De toute évidence, il ne risquait rien, cependant il n'avait aucune envie d'avoir à justifier sa présence au milieu de la nuit, sur un chemin contrôlé. Aussi, c'est en silence qu'il s'engouffra dans l'obscurité, loin de la lueur des torches ou de celle de la lune. Et même sans ces repères, il parvint à trouver sans trop de mal les marches qui le menèrent jusqu'aux allées de la Citadelle.

Tout était si paisible. Sans doute trop. Il n'y avait guère que la fontaine pour venir troubler le mutisme qui avait pris la place principale de la Capitale Royale ; et s'il pestait parfois contre ce trop plein de vie (les bains de foules l'avaient toujours laissé perplexe pour ne dire que cela), cette ambiance de mort l'inquiétait presque. Certaines images qu'il avait tâché d'oublier lui revenait, comme des éclairs, tant et si bien que le comparatif se fit naturellement. L'Enfant-des-Bois ne tarda pas à masquer ses yeux de givre, alors que la Grand-Place lui apparaissait assaillie par les Effrois et que le vent balayait les cendres des maisons qu'il avait connu, gamin. Plus que tout, sans doute, c'était là ce qu'il craignait. Et bientôt, les rebords de marbre de la fontaine vinrent le soutenir. Il ouvrit les yeux pour mieux distinguer son visage, déchiré à mesure que le reflet ne se brouillait. Il jeta un oeil derrière lui, comme pour s'assurer qu'il n'y avait personne dans son dos. Personne — en dehors de l'ombre dans laquelle baignait aujourd'hui la cité. Du dos de la main, il gifla l'eau pour mieux briser l'image qui le renvoyer à la multitude de ses échecs, rageur, blessé et anxieux. Et s'il ne pouvait rien contre ce miroir qui se reformait sans cesse, il prit néanmoins la décision de se rincer la gueule, avant de s’éloigner alors que chantait doucement le cuir qui bardait ses poignets, à mesure qu'il ne fermait les poings et que ses jointures perdaient en couleur.

Le Fils-de-Personne s'avançait dans des ruelles qu'il avait rarement connues aussi sombres. Parfois passait un garde, une torche à la main, mais la nuit reprenait bien vite ses droits. Plus il s'enfonçait au sein de cette dernière, et plus il s'interrogeait sur les raisons qui le poussaient à agir de la sorte. Pourquoi diable avait-il choisi de rejoindre la ville à la hâte ? Parce qu'un papillon aussi blanc que neige l'avait trouvé ? Il commençait à réaliser à quel point il avait été idiot de ne pas s'interroger plus que cela. Certes, il avait toujours fonctionné à l'instinct et la situation ne tournait pas mal, pour autant les conditions étaient idéales pour un guet-apens. La glace qui dormait au fond de ses pupilles se jetait de gauche à droite en permanence, alors que l'ensemble de son attention était mobilisée sur la suite de son parcours. Car en réalité, il ignorait où il allait. L'insecte s'était simplement posé sur son nez et voilà qu'il titubait entre des allées toujours plus exiguës et  plus noire.

Sa main caressa la pierre, froide et humide, tandis qu'il accompagnait du bras son virage avant de s'arrêter un instant. Le blond chercha brièvement la dague qui sommeillait entre ses reins, conscient qu'un assaut pourrait survenir n'importe quand. Au vu de l'étroitesse des rues, il saurait être plus à l'aise avec une lame de plus courte portée (qu'il n'avait plus aussi souvent, depuis qu'il avait offert la sienne au Rusadir) qu'avec une épée et un pavois. Aussi, quand ses doigts rencontrèrent la légère gaine de peau, il s’engagea pour la dernière fois. Une porte venait de s'ouvrir quelque pas plus loin. Aussitôt, la lumière inonda la ruelle, et l'écho chaleureux (mais bruyant) des conversations emplit l'espace. Sans même avoir à regarder l'insigne, le vagabond su qu'il était arrivé. En quelques instants, il s’immisça loin des Ombres, et des mémoires qu'elles portaient — qui se chargeait de lui rappeler que seul, il ne parvenait plus à rien, sinon à la mort.

Du dos de la main, Link barra son regard, pour le protéger de l'explosion de couleurs qui habitait la taverne. C'était à peine s'il s'était habitué à l'obscurité d'une nuit sans lune... La transition s'avéra plus rude qu'il ne l'aurait imaginée. Rires gras et chansons raisonnaient au milieu des autres bruits typiques des auberges qui ne connaissent de la guerre que le retour des guerriers. En dépit des maux qui accablaient Hyrule, certains trouvaient toujours le temps de boire, battre le tambour et animer la lyre. Ses lèvres s'étirèrent en un demi-sourire.

"M'ssire ! M'ssire !" Lâcha le tenancier, le ramenant à la réalité. Il avait la carrure d'un boeuf, et la barbe du plus ermite des misanthropes. En vérité, s'il n'avait été un Hylien, on l'aurait sans doute pris pour un proche cousin de Darunia. « Z'êtes bien m'ssire Link ? Z'êtes attendu, votre seigneur'ie. M'dame a dit de pas dire son nom, mais j'vais vous guider. V'nez z'y donc ! » Il arqua le sourcil, tant parce qu'il était intrigué que pour le statut qu'on lui prêtait dorénavant. Du noble, il n'avait rien. Pas l'élégance du Duc, ni la prestance du Marquis. Pas, non plus l'argent du Vicomte, ni même celui du Baron ou du Banneret. Tout au plus avait-il l'épée du Chevalier, sans en avoir les couleurs ou l'armure. Et tout était mieux ainsi, à ses yeux au moins. Il s'avança, à la suite de son hôte d'un soir, tâchant de passer outre la foule, parfois particulièrement dense. Finalement, ils finirent par s'extirper à la masse informe d'Hyliens et d'Hyliennes pour que l'homme lui présente une simple porte de bois, dont le vernis s'écaillait un peu partout. « C't'ici, vot' seigneur'ie. M'dame vous attends. » Le va-nu-pied tiqua une fois de plus, mais il n'avait ni le courage ni le temps de le corriger dans l'immédiat. D'un bref geste de tête, il remercia l'aubergiste, avant de poser la paume sur le chêne clouté, curieux de ce qu'il rencontrerait en poussant le battant. « Une femme, de toute évidence », pensait-il, tandis qu'il cherchait activement où il avait déjà vu le papillon qui était venu le chercher. « Ca n'a pas d'importance », reprit-il, avant de mettre fin à l'attente.

Les gonds grincèrent, tandis qu'il découvrait une pièce au moins aussi étroite que les rues qu'il avait du traverser. Meublée sobrement - une simple table, un tonneau, deux chaises et une table - elle ne comptait qu'une seule entrée, et une meurtrière. Sur la table un chandelier et sous la meurtrière, une connaissance. « Cecilia... — » Murmura-t-il, en progressant dans la petite arrière-salle — qui de toute évidence avait jadis servi à stocker le vin. « J'aurais du m'en douter. Tu as un don pour te fourrer dans des situations... — » L'Hylien referma la porte derrière lui, non sans se rappeler qu'ils avaient tout deux fait l'objet d'un séjour dans les geôles du fief d'Impa.

"Tu voulais me voir ?" S'enquit-il, alors que l'hiver qui animait ses pupilles cherchait le regard de la Gérudo. Tant de questions subsistaient, et s'il comptait bien éclairer sa propre lanterne, il souhaitait avant tout comprendre pourquoi - et comment !- elle l'avait fait venir jusqu'ici.

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Sign' by Zelda, merci :3
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